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Nouveau mois de juin

Juin 1940 ?

Ce titre va faire bondir nombre de lecteurs car c’est un moment de notre histoire qui laisse de profondes cicatrices dans la conscience des Français. La France venait de capituler devant l’ennemi. Une poignée d’hommes politiques avaient alors la tâche de diriger un pays au comble de la défaite.

Mais si je m’appuie sur ce mois funeste, c’est pour parler au travers de mon expérience personnelle, du lendemain de cette annonce.

Soyons précis : j’avais cinq ans, déjà très observateur ( ma grand mère me disait que j’étais curieux comme un pot de chambre !) et je vivais dans le quartier de Ménilmontant, Paris 20e arrondissement.

Je ne m’étais pas rendu compte que la France était en guerre sinon par la radio ou les journaux et surtout les conversations de mes parents. Ma mère était institutrice à l’école maternelle de la rue de Ménilmontant et mon père travaillait à la base de Villacoublay comme adjudant-chef dans l’armée de l’air. Tous deux, surtout mon père, étaient touchés directement par cette armistice, mon père ayant été mis à la retraite d’office et ma mère ne sachant qui était à la tête de l’Education Nationale.

Moi en tant qu’enfant, donc ce lendemain de l’armistice, constatai que rien n’avait changé : les Français avaient capitulé et ils continuaient comme si de rien n’était.

J’allai à l’école, ma mère aussi et elle faisait les courses. Mais il apparaissait une indifférence totale de la part des gens du quartier toujours aussi préoccupés par leur quotidien.

Il semblait que la France, de temps à autre, subissait un changement brutal de régime et que l’avenir allait être profondément modifié sans que cela n’affecte trop les gens ordinaires. La résilience était évidente car ce qui comptait après tout était de continuer à assurer le quotidien : logement, nourriture, chauffage l’hiver et les enfants à l’école. Les Allemands apparaissaient à travers Paris mais pas à Ménilmontant, un endroit qui ne les intéressait pas. Pendant les premiers huit mois, RAS sinon pour nous les gamins, la descente de l’Avenue de la République vers la place en suivant des fanfares allemandes qui jouaient des airs martiaux. On était même joyeux de ce tintamarre au grand dam des passants. Mais les gosses restent des gosses, en pleine tourmente.

Or nous assistons d’une façon beaucoup plus pacifique à une modification brutale du paysage politique : les vieux partis ont été laminés, éliminés, les grandes figures des gouvernements précédents jetés comme de vulgaires déchets à la poubelle. Apparaît alors un chef, un homme à la conquête fulgurante du pouvoir comme on les aime dans notre pays. Il possède tout, le charme, l’intelligence, le Parlement, l’Elysée et cependant en ce jours qu’une faible minorité des électeurs ( 15% des inscrits). Qu’importe il incarne l’espoir d’une amélioration de la situation économique, sociale et internationale. Les Français comme en 1940 se sont résignés à attendre les résultats, ce qui donne un peu de temps au temps soit environ une année. La résistance ( à part de Gaulle et sa poignée d’adhérents) n’a commencé qu’une année plus tard.

Macron le sait, il a une période de grâce qui durera jusqu’à l’automne, vacances obligent. Soyons patients et profitons du beau temps. Donnons lui cette période nécessaire à ajuster sa politique et son programme aux besoins des citoyens.

Disons-nous à la rentrée !

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