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1+1=5

Ce qu'apprend la famille en maths

Le rapport Pisa de l’OCDE, enquête test pour évaluer la place des élèves de nombreux pays en Europe et le reste du monde en mathématiques et en sciences montre que la France a de médiocres résultats. Les petits Français ne sont pas bons en maths ni en sciences et que la France est la dernière en égalité des chances pour notre jeunesse.

Pas besoin de statistiques approfondies de la part  d’organismes internationaux pour voir que notre système éducatif est en piteux état et que les réformes de Belkacem ont fait empirer la situation.

Parlons d’abord expérience propre : à ma sortie de l’Ecole Normale de Paris ( quand elle existait encore !), je me suis trouvé dans une école d’un quartier défavorisé à l’époque : le 20e arrondissement et l’école Tlemcen. Je me croyais dans un pays sous-développé. J’avais la classe de CM2 avec ….. 45 gamins allant de 9 ans à 14 ans ! Certains d’origine algérienne avaient un très faible niveau de français. J’ai divisé la classe en trois groupes : 15 pour préparer le concours d’entrée en sixième, porte d’entrée de garantie d’un bon emploi. Un autre groupe de 15 pour le certif. Enfin un groupe de 15 pour les gaver comme des oies d’exercices faciles et fastidieux de façon à avoir la paix.

Déjà la sélection socio-économique : ceux de l’entrée en 6e venaient des meilleures familles du quartier, fonctionnaires, employés de banque, commerçants. Ceux du certif étaient fils ( c’était une école garçons) d’ouvriers, d’emplois précaires. Les dernier, enfants d’émigrés destinés à quitter l’école à 14 ans à l’époque.

L’Education Nationale se trouve avec le même schéma en 2016 : élèves du lycée Henri IV, du lycée Condorcet et ceux qui vont au lycée Trouduc dans le 93. Puis la sélection est brutale après le bac, atteint seulement par 30% des enfants du même âge, vers les «  Grandes écoles » comme Sciences Po, HEC et suprême réussite l’ENA . D’ailleurs nos dirigeants qui planent dans la stratosphère des classes supérieures sortent de ces lieux suprêmes. Que savent-ils des milieux défavorisés, que connaissent-ils des problèmes de ces lycées poubelles où on entasse des nuls jusqu’à leurs seize ans et encore quand ils y arrivent ? Rien du tout, planqués dans leurs bureaux dorés, derrière leurs gardes du corps et des réceptions bourgeoises auxquelles ils sont invités.

Alors les gamins du primaire, mal orientés, mal guidés aux mains d’enseignants souvent débordés et anarchistes apprennent chez eux, dans la rue, avec les copains et par la situation de leur famille .

Les résultats impitoyables montrent que nous sommes en dessous de tout et que faire marcher au pas tous les gosses en même temps sur la même ligne éducative ne peut les conduire qu’au chômage et à la précarité.

En Allemagne, on favorise l’apprentissage, honni en France pour préférer la «  Culture générale » ( la date de la mort de Clovis au maniement d’un outil de bois !) et le chômage des jeunes est beaucoup moins élevé que chez nous. Aux Etats-Unis ( où j’ai enseigné), les élèves suivent des cours à leur niveau. Ainsi des enfants doués de dix ans peuvent être dans des classes normales d’enfants de 14 ans.

Tout est à reprendre si l’on veut réduire cette ignoble inégalité qui règne dans nos écoles. Sans oublier que les fils et filles de …. Ont mille fois plus de chances de réussir que les fils et filles de chômeurs et d’émigrés du 93. Papa et maman seront là pour déblayer le terrain jusqu’à un poste de choix !!!

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