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Enfin !

Enfin !

C’est le gros soupir qu’ont poussé les journalistes lorsque les Français ont remporté une médaille d’argent au 4 x100 mètres nage.

La France s’est sentie soulagée : enfin une médaille amère mais médaille quand même ! Et depuis rien. Les Français sont éliminés les uns après les autres : tout y passe, escrime, natation, tennis, judo, rugby.

Quand on perd, c’est la faute à l’arbitrage comme à l’épée, au dopage comme en natation, à la malchance comme en gymnastique. Personne n’ose dire que les Français, dopés par une propagande fanfare et musique au départ de la France, accompagnés par le père de la Nation, Sleazy Hollande, n’étaient en réalité pas prêts à affronter des adversaires aussi déterminés à gagner des médailles.

Ils se sont crus, d’après les louanges de la presse et des politiques, invincibles, supérieurs aux autres et ils ont dormi sur leurs lauriers : champions du monde en 2012 ici, champions d’Europe par là, la meilleure équipe qui soit sur toutes les ondes. Alors on y va comme en 1914, la fleur au fusil, les médailles allaient pleuvoir et on allait battre le précédent record de 40 et quelque médailles. Mais nos valeureux combattants tombèrent dans une guerre de tranchées olympiques et ce fut l’hécatombe. Ils se sacrifiaient pour l’honneur de la patrie.

C’est ce qui fait soi disant la force de la France : ne jamais s’avouer vaincue, croire en ce destin fabuleux qu’est le nôtre et montrer à tous que la France est le pays des droits de l’Homme et des médailles olympiques.

Apprenons notre leçon et devenons plus modestes : Hollande doit montrer l’exemple en reconnaissant que « Enfin » n’est pas une solution :

Enfin une lueur d’espoir pour le chômage

Enfin un répit dans les attentats

Enfin la percée de la croissance

Enfin une petite chance d’être réélu.

Enfin pourrait devenir le signal de sa campagne : enfin un « break » !

Enfin lisons les commentaires sur nos déboires:

« What a bunch of cry-babies». Il suffit parfois d’un brin de discussion avec un journaliste américain pour nous ramener à notre simple condition de français. Au cas où l’on aurait subitement oublié qu’on appartient tous à la grande confrérie des 66 millions de pleureuses, de mauvais perdants, de chercheurs d’excuses, bref, de « sore losers », comme nous l’a bien répété trois fois notre condescendant collègue. On est comme ça, parait-il. Nos sportifs n’ont pas manqué de le rappeler à ce gros relou et

au monde entier sur ces premiers jours à Rio.

> Si Garcia et Mladenovic ont perdu en double de tennis,

c’est parce que la Fédé n’a pas mis les bonnes tenues dans leur sac

> Si Priscilla Gneto a été éliminée au premier tour en judo,

c’est parce que la règle est trop sévère

> Si Pierre Duprat a été sorti au deuxième tour en judo,

c’est parce que l’arbitre en voulait à la France

> Si la France féminine a perdu en hand contre la Russie

c’est parce que « le parquet c’est une catastrophe »

> Si Camille Lacourt n’a fait que 5e de la finale, c’est parce que Sun Yang – qui n’était pas dans cette course – est dopé

On ne remettra pas ici en question le fond même des propos de chacun : s’ils se sont sentis obligés d’exprimer publiquement leur colère, c’est qu’ils en avaient besoin, à chaud, dans le tourbillon de désespoir d’une défaite au jeu. Après tout, nous aussi on a déjà perdu des gros matchs à Fifa, on peut saisir et respecter leur détresse, prise une par une. Mais c’est l’accumulation qui devient gênante. Au-delà de passer pour des mauvais perdants, ce n’est ni très olympique, ni très fair-play, ni très pro.

Et Hollande qui s'y met en téléphonant aux Americains qui semblent tout rafler!

Enfin !

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