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Footexit

Footexit

Hier soir, lassé par des matchs décevants où les défenses sont la stratégie du jour et où les attaques sont muselées, ce qui donne d’horribles matchs nuls ( 0 à 0), j’ai décidé comme aurait dit Musset de ne pas perdre une autre soirée. Alors utilisant le mot à la mode : exit le foot et bonjour le Brexit.

En effet hier soir sur la BBC avait lieu un débat crucial entre les partisans du « leave » ou « Out » et ceux de « Remain » ou « In ».

J’ai cet avantage certain que l’Anglais est ma deuxième langue quasi maternelle ayant vécu et travaillé longtemps aux Etats—Unis, Grande Bretagne et Australie ( entre autres). J’ai pu alors suivre cette confrontation moins violente que les précédentes à la suite de mort de femme MP entretemps.

Ce qui m’a frappé immédiatement en regardant les deux côtés du panel, c’est la différence entre la Grande Bretagne de mes années 60 et celle qui est présente sur la scène internationale. D’un côté les « Leave » étaient défendus par Boris Johnson, l’ancien Maire de Londres et les « Remain » par Sadiq Khan, le nouveau Maire de Londres. Un contraste qui crevait l’écran d’abord par les noms : Johnson, anglais de souche et Khan un anglais né de l’immigration. Boris Johnson est blond et clair, Sadiq est basané et cheveux noirs. Cette incroyable image bipolaire indique franchement que l’évolution de la Grande-Bretagne comporte un élément d’immigration, reflet indéniable de la mondialisation non seulement des marchandises mais aussi des êtres humains et des religions. Sadiq est musulman, le premier maire de Londres, Boris est protestant.

Autre signe de la diversité qu’est devenue l’Europe, c’est le parcours de l’un et de l’autre. Et il se retrouve dans les arguments de l’un et de l’autre. L’immigration est devenue une patate chaude en Angleterre comme elle l’est en France et en général en Europe. Sadiq il y va de soi, fils d’émigrants afghans est pour l’ouverture des frontières à l’immigration car c’est un bénéfice pour le pays. Boris veut contrôler les frontières et limiter l’arrivée de réfugiés.

Ce n’est pas le seul point de discorde et la liste est longue. Inutile de la faire ici mais on peut retenir plusieurs désaccords : l’EU est l’exemple de la bureaucratie qui étouffe l’initiative et réduit la responsabilité de chacun, réduit la politique étrangère à peau de chagrin, jette par les fenêtres de la Grèce des milliards de livres qui pourraient être mieux placé en Angleterre, impose des lois scélérates et des réglementations débiles dit Johnson. Ce à quoi réplique Khan : mais c’est une sécurité pour le commerce avec des standards de qualité exigeants et un front commun pour sauver le climat, l’agriculture, l’éducation et lutter contre le terrorisme.

Les quatre femmes qui encadraient les deux principaux antagonistes, deux de chaque côté, n’étaient en réalité que des potiches pour donner du change à la valeur du débat.

Après trois heures de combat argumentaire virulent, le match s’est à mes yeux terminé comme au foot par un match nul, ce qui se reflète dans les sondages où les deux camps sont à égalité.

Par rapport au foot, je me suis éclaté car on a eu tous les incidents d’un match de foot : l’arbitre sifflait souvent lorsqu’il y avait un dérapage, il y a eu crêpage de chignons entre les égéries, les vestes ont été arrachées par des retournement étranges, des cartons jaunes ont été distribués et enfin au coup de sifflet final chacun semblait heureux d’en avoir terminé.

Quelle belle soirée pleine de suspense, débordant de surprises et de coups bas.

Pourvu qu’en France aux élections présidentielles prochaines, les débats soient de cette qualité !

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