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La caricature viendra plus tard!
La caricature viendra plus tard!

La caricature viendra plus tard!

Pélerinage Place de la République

La coïncidence a voulu que je sois à Paris en ce 7 janvier 2016. Je voulais revoir mon ancien quartier, le 11e arrondissement où je n’avais mis les pieds depuis de nombreuses années, étant à l’étranger. J’ai revu le lycée Voltaire et le lycée Turgot, lieux de mes exploits scolaires, avec la Place de la République au milieu. Paris était triste, Paris était gris, Paris était bouleversé : il y avait un an que la tragédie de Charlie Hebdo avait frappé la France.

Mais arrivé au pied de la statue, j’ai ressenti une souffrance intérieure : le mémorial était en piteux état, fleurs fanées, décapitées, verres cassés, affiches détrempées, arrachées, piétinées tout comme le destin de ces victimes. Des mégots servent de pointillés autour du socle. Quelques passants, des touristes prenaient des photos sans s’attarder.

C’est alors qu’une équipe de la télévision allemande m’a abordé ( je dois avoir une bonne tête de Français) pour me demande d’exprimer mes sentiments sur le nouveau numéro de Charlie Hebdo que la journaliste tenait à la main. Assis à la terrasse du café d’en face, j’ai parlé longuement de ce je pensais de ce nouveau numéro, plus provoca(tueur) que jamais : un dieu armé d’une Kala, représentant toutes les religions. Je ne suis pas Charlie et ne l’ai jamais été car si le sabre peut tuer, aussi le peut le crayon ! J’ai divagué sur la ressemblance entre le sacrifice des frères Kouachi et les dessinateurs de Charlie : ils avaient la même foi profonde en leurs convictions, la même haine obsessionnelle envers leurs ennemis ( Charlie avait en fait peu d’amis mais beaucoup d’ennemis) et ils sentaient au fond d’eux-mêmes qu’ils pouvaient devenir les victimes de leurs croyances.

Tous sont morts pour leur cause et leur combat se ressemble.

Le soir j’ai refusé de me rendre place de la République, ne voulant me faire phagocyter par l’ambiance délétère parmi ces flammèches de bougie qui ne représentent plus grand chose sinon maintenir en vie le mythe du malheur. De plus la présence de Renaud en aussi piteux état que le mémorial n’avait rien d’attirant. Etrange que l’on sorte de telles icones du placard pour défendre les « valeurs de la République » !

Je n’irai pas Place de la République dimanche non plus. Entendre Hollande et Halliday chanter la même rengaine sur les drames de 2015 et clamer qu’ils sont les seuls à sortir la France du pétrin, ce serait pour moi du déjà vu.

Il fait gris à ParisIl fait gris à Paris

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